Peu après la fin de carrière de Safin, zoom sur la force sûre du tennis
russe.
Marat aurait du symboliser son renouveau mais malgré le jeu, le style, la gueule, et la charisme, sa carrière est un semi-échec, comme s’il avait pris la pleine mesure de son talent qu’en de très rares occasions. Sampras s’en souvient encore… Mais sa postérité n’en sera que plus belle, à mi-chemin entre talent incompris et génie des grands jours.
A l’inverse, Davydenko est toujours là mais tout le monde s’en fout. Chaque amateur de tennis peut affirmer que Davydenko ne fait rêver absolument personne. Mais lui peut, au prix d’une régularité flippante, être régulier au plus haut niveau. La comparaison avec la Russie nouvelle paraît facile et triviale mais a le mérite d’être tentée, entre maux et réussites nouvelles.
Aussi sexy que la Russie…
A l’image de son pays, Davydenko a un jeu costaud et chiant à en rendre jaloux Kafelnikov, basé sur une
régularité et une endurance à toute épreuve, destiné à faire craquer tous les émotifs du circuit, donc bon nombre de joueurs. Davydenko ne quitte que très rarement sa ligne de fond de cour, mais
est partout et renvoie tout, et bien. Même Pioline passe pour un génie à côté. A consommer avant une sieste donc. Il rappelle Hewitt par certains aspects, mais même ce dernier avait le mérite
d’être un gangster sur le cour, de se battre comme un chien, et de le faire ressentir au public. Davydenko, c’est comme si le Kominform, puissant et aussi rigoureux que chiant s’était réincarné
en un joueur de tennis, un sport pourtant jamais avare dans son histoire en romantisme, un peu à la façon d’un Ivan Lendl, jamais très populaire.
Le sponsor vient couronner le tout. Airness ! Dont même la ligue 1 se lasse… Vous imaginez la Roma en Kipsta, vous ? En temps normal, il aurait même du porter un pantacourt, ce qui
aurait permis à son style de confiner au magique, mais il ne s’est pas laissé à cette blague de mauvais goût et l’a laissé à Nadal.
Mais qui a bien intégré le jeu capitaliste…
A l’image de la nouvelle Russie oligarchique, la transition vers l’économie de marché ne lui a guère posé problème. Pas un grand sentimental, le Nikolay, pas du genre à rouler en traband pour le style. Apres avoir clairement avoué qu’il jouait au tennis pour se faire un maximum de fric quitte à se faire un petit challenger de temps en temps à Cherbourg, il a même fait parti des joueurs suspectés de parier sur leurs défaites. Ca vous situe la classe du bonhomme qui n’a que faire de son image publique.
Ce qui finalement, -là où les Tsonga, Monfils passent leur temps à copier leurs anciens et à faire les zouaves pour se mettre le public en poche, là où Federer passe pour un gentleman bien sous tout rapport, là où Djoko est un clown finalement très consensuel qui plaît aux publicitaires de Head, là où tous les joueurs feignent de s’apprécier-, le rend plutôt sympathique…
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