Dans la douleur

Publié le par Masta

L’équipe de France avait  obligation de gagner contre la Turquie pour continuer son beau parcours dans cet Euro, histoire de s’éviter deux matches vraiment stressants contre les Lituaniens et les Espagnols, c’est-à-dire l’affiche de la finale du dernier Euro. La Turquie d’Hedo Turkoglu et d’Omer Asik, moins effrayante que les futurs adversaires de la France, n’est pas non plus un cadeau pour les hommes de Vincent Collet. Preuve en est, leur médaille d’argent des derniers Championnats du Monde (chez eux, certes). Les Bleus ont rempli leur contrat, mais que ce fût dur !

 

Quand les cadres flanchent, le banc prend le relais


Dès le début du match, les deux équipes se livrent un duel défensif impressionnant. Seulement 2 paniers inscrits en plus de 3 minutes ! Les Turcs, bien emmenés par leur superstar Turkoglu, prennent ensuite les devants, profitant des largesses défensives des extérieurs et de la faible présence au rebond des pivots tricolores. Omer Asik se fait un plaisir de ramasser les échecs de ses partenaires pour planter sur seconde chance. Il finit le match avec 7 rebonds offensifs… Rappelons qu’Asik n’est que la doublure de Noah à Chicago. Sa détermination et sa combativité sous le panneau adverse ont dû satisfaire Tom Thibodeau (le coach des Bulls) et dérouter le pauvre Noah, absent de ce match avec 7 petits points pour seulement 4 rebonds en 16 minutes de jeu.

traore-parker.jpgLa France reprend ensuite le dessus avec une très bonne relation intérieur-extérieur. Kahudi et Gelabale y vont de leurs trois points alors qu’Ali Traoré fait le taf dans la raquette. Parker joue son rôle de leader alors que Bobo est transparent pendant toute la rencontre (ce qui, pour lui, est un exploit étant donnée son épaisseur…). Batum, extrêmement précieux en première mi-temps, permet à la France de prendre le large pour compter jusqu’à 14 points d’avance à l’entame de la dernière période.

 

"Le coach veut que je défende, tu y crois à ça ? "

 

Où sont passés les grands ?


Puis plus rien, le trou d’air pendant 6 minutes. La rigueur défensive française prend l’eau de toute part tandis que la zone mise en place par les Turcs oblige les extérieurs français à prendre des shoots à trois points. Parker, Gelabale, Batum et De Colo se retrouvent à artiller, en position plus ou moins ouverte, avec à chaque fois le même résultat… Des deux côtés du terrain, Ilyasova et Asik continuent leur moisson de rebonds et permettent aux Turcs de revenir à deux points dans la dernière minute.

Au jeu des lancer-francs, Parker a montré une solidité mentale digne des plus grands avec son 4/4 dans les derniers instants du match, chose qu'il n'a pas toujours été capable de faire...


Au final, la France l’emporte dans la douleur, 64-68. Que faut-il en retenir ? Du positif tout d’abord avec la continuité de ce que l’EdF a montré sur la première phase : une rigueur défensive sur une bonne partie du match, mais aussi et surtout la richesse de l’effectif français et la solidarité entre les joueurs. Avec Diaw, Gelabale et Noah muets en attaque (seulement 13 points pour eux trois, dont 8 sur la ligne de réparation), ce sont Charles Kahudi et Ali Traoré qui ont pris le relais, derrière un Tony Parker des grands soirs (20 points, 6 rebonds et 5 passes décisives). Du très bon également avec cette qualification acquise pour les quarts de finale qui met l'EdF à l'abri d'une (deux ?) défaite(s) pour finir la phase de poule.

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Malheureusement, du moins bon aussi, voire du mauvais. Pour la première fois de cet Euro, la France a été dominée dans la raquette. 15 rebonds offensifs concédés, c’est beaucoup trop quand on connaît la science du rebond d’un Noah ou d’un Flo Piétrus. Mauvais point pour lui, le faible impact offensif de Nando De Colo, préféré à Albicy pour reposer Parker, qui ne termine le match qu’avec 2 petites passes décisives… Le plus inquiétant sur ce match est la transparence de plusieurs cadres sur la même rencontre. Contre la Turquie, ça passe encore, mais contre la Lituanie ou l'Espagne, la sanction sera immédiate.


"- Alors Omer, je t'explique, pour les rebonds, il faut que tu passes devant ton adversaire."

 

 

A Collet de jouer

 

Pour les deux prochains matches, les Bleus de Collet auront fort à faire et devront trouver des solutions à deux problèmes de taille : comment attaquer une zone (ce qu’ils ont été incapables de faire dans le dernier quart-temps aujourd’hui) sans Mike Gelabale blessé à la cheville ? Comment éviter que les Gasol Brothers ne plantent 50 points et ne gobent plus de 20 rebonds ? Noah, Séraphin, Piétrus et Traoré vont avoir énormément de boulot dimanche face à l’Espagne. Pau Gasol, blessé face à la Turquie (défaite espagnole), et son frangin ont ruiné à eux deux les espoirs de Dirk d’aller aux JO dans leur premier match du second tour.


Maintenant que la qualification est assurée, Collet va-t-il décider de faire tourner pour donner une bonne dose de confiance aux remplaçants ou va-t-il laisser les titulaires faire le boulot ? Battre les Lituaniens et les Espagnols donnerait à la France les clés d’une place en demie, voire en finale (l’autre poule étant relativement faible). Mais faut-il risquer une nouvelle blessure pour y parvenir ?

Premiers éléments de réponse vendredi soir contre la Lituanie. Pour l’instant, laissons les Bleus savourer leur parcours sans faute.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Publié dans Basket

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