Transferts NBA : Pimp ma team !
Alors que la période des transferts en Top 14 vient de s'ouvrir (voir ici), celle en NBA vient de se clôturer. L'occasion pour nous d'évaluer les nouvelles forces en présence à moins de trois mois des playoffs.
24 février 2011, 23h heure française. Les transferts NBA sont officiellement terminés. Jusqu'au bout, les différentes équipes outre-Atlantique nous ont offert des surprises du chef. Trois catégories d'équipes à l'issue de cette intense période de transferts : celles qui se renforcent considérablement, celles qui se reposent sur leurs acquis, les grandes perdantes (bizarrement c'est toujours les mêmes...).
Une finale de Conférence au MSG ?
Du côté des équipes qui ressortent grandies grâce à leurs trades, on trouve bien sûr les Knicks de New York. En faisant venir Carmelo Anthony (oui, après 43 épisodes, la saga Melo a enfin trouvé un épilogue !!), accompagné du vétéran Chauncey Billups (champion NBA en 2004 avec Detroit) notamment, NYK réalise le plus gros coup de cette fin de mois de février. New York devrait logiquement (sauf énorme surprise) retrouver les playoffs cette année et passer un tour (voire plus si l'alchimie prend bien), pour le plus grand plaisir des supporters de la Big Apple et de Spike Lee. Billups, Fields, Anthony, Stoudemire et Turiaf : le 5 de départ semble plutôt solide. Reste à savoir si le banc tiendra, ce qui est loin d'être sûr à l'intérieur. Dans tous les cas, les Knicks retrouvent progressivement leur faste d'antan pour se repositionner comme un trouble-fête en mai. Bon courage à l'équipe qui se tapera Melo & Cie en playoffs au Madison Square Garden !
Boston réalise également une bonne opération en récupérant juste avant la deadline un sixième homme de luxe : Jeff Green. Capable de jouer en poste 3 et 4, le transfuge d'Oklahoma City pourra tout aussi bien assurer le back-up de Paul Pierce que celui de Garnett. Avec ses 15 points et presque 6 rebonds par match, Green fera bien vite oublier l'apport de Nate Robinson, envoyé à OKC, en sortie de banc. Point négatif pour les C's tout de même, faire venir Nenad Krstic dans le même trade, en laissant partir Kendrick Perkins rend leur raquette moins effrayante, surtout lorsque l'on connaît l'état de santé et l'âge des pivots de Boston (les deux O'Neal et Garnett)... Glen Davis et ses trois années en tant que pro aura donc un rôle primordial dans les mois qui viennent (à condition qu'il apprenne à sauter). Boston reste donc le grandissime favori à l'Est mais devra prier très fort les dieux du basket pour que les dinosaures qui composent sa raquette tiennent encore quelques mois avant de rendre l'âme.
Mentions spéciales : Atlanta qui récupère Kirk Hinrich en lieu et place de Mike Bibby / Phoenix qui récupère Aaron Brooks pour dynamiser encore plus le banc des Suns / Portland qui récupère Gerald Wallace et se constitue une ligne arrière assez monstrueuse.
On ne change pas une équipe qui gagne.
A l'Ouest, les trois leaders, à savoir San Antonio, Dallas et les Lakers de LA n'ont pas pris part à cette foire d'empoigne qui a ébranlé le monde de la balle orange.
Forts de leurs 47 victoires pour seulement 10 défaites, Parker, Ginobili et Duncan caracolent en tête de la Ligue depuis le début de la saison. L'équipe est rodée, les automatismes sont là, la passation de pouvoir entre les vieux de la vieille et les petits nouveaux tels que Gary Hill, Dejuan Blair et Gary Neal (qui ont tous deux brillé lors du Rookie Challenge) s'opère progressivement. Popovich, qui a reçu les « honneurs » de coacher la sélection Ouest du dernier All Star Game, gère tout ça d'une main de maître, avec son flegme stalinien qui le caractérise si bien. Donc pourquoi aller tout bouleverser ? Il faudra sans doute faire quelques ajustements durant l'inter-saison mais la priorité du club texan est une nouvelle bannière de World Champions.
Dallas a voulu se séparer de Caron Butler, blessé. Sans succès... L'effectif des seconds de la conférence Ouest reste donc inchangé. Peja Stojakovic, l'ancienne gâchette extérieure, essaie désespérément de compenser à l'aile avec 9 points par match tandis que Rodrigue Beaubois, revenu dans la rotation après sa longue blessure, assure l'intérim. Pas sûr que cela soit suffisant en playoffs...
Les Lakers, quant à eux, tentent le Three Peat avec une équipe toujours construite autour de Kobe Bryant. Elu MVP du All Star Game qu'il jouait à domicile (le hasard fait bien les choses quand même), Black Mamba, acteur à ses heures, peut toujours compter sur ses lieutenants (Gasol, Bynum, Odom, Fisher, Artest, etc.). Il faudra néanmoins que Phil Jackson trouve une solution pour éviter une nouvelle honte comme celle de la défaite à Cleveland juste avant le All Star Break. Apprendre à Artest l'attaque en triangle ne sert à rien, il ne la comprend pas (oui, il y a trois points dans un triangle) ; Kobe, qui a toujours un impact énorme sur le jeu, perd un peu en performances ; Fisher est vieux. La solution pour les Angelinos se trouve dans la raquette : Gasol, Bynum, voire Odom devront s'employer un maximum. A Kobe de leur laisser la gonfle...
("Combien de fois il faut te le dire, l'attaque en triangle ça se joue à 3 !!" -"Bah pourquoi ?")
Dernières équipes-phare à ne pas avoir modifié leur effectif : Miami et Orlando. En même temps, avec les arrivées de cet été à Miami, et les transferts qu'a effectué Orlando en décembre (Gortat, Piétrus et Vinsanity Carter envoyés à Phoenix contre Turkoglu et J-Rich + envoi de Rashard Lewis à Washington contre Gilbert Arenas), on se demande ce qu'ils auraient pu modifier de plus. Miami a tout de même cherché à recruter un pivot pour pallier à l'inconstance de Chris Bosh, la blessure prématurée dans la saison d'Udonis Haslem et l'apport offensif inexistant de Joel Anthony. Miami aurait également cherché à se séparer de Mike Miller, une nouvelle fois blessé. Et là, c'est inexcusable. Mike Miller, avec toutes les galères qu'il a eu au cours de sa carrière, et surtout pour son style inimitable, mérite de rester dans une équipe qui joue le titre !
Mention spéciale : Chicago qui, en plus de conserver son effectif quasi intact (le départ de Jérôme James est négligeable pour les Bulls), voit Noah revenir de blessure.
Loser un jour, loser toujours.
Première victime de cette période de trade, Deron Williams. Qualifier D-Will de loser est dur et fait mal au cœur. L'ex-meneur du Jazz de Utah ne le mérite pas. Mais, aller moisir aux Nets avec comme seul coéquipier valable Brook Lopez, c'est dur. Williams, qui avait pris le pouvoir sur l'équipe mormone depuis le départ de Carlos Boozer à Chicago cet été, prend une deuxième brique sur la tronche en quelques jours, après le départ du coach mythique de Utah, Jerry Sloan. D-Will quitte donc une équipe en pleine crise, qui voit arriver Devin Harris, pour rejoindre une équipe en crise depuis plusieurs saisons.
("En plus de m'humilier en m'envoyant aux Nets, ils m'obligent à sourire. Bande de cons")
Autre meneur dans le même cas de figure : Baron Davis. Le Baron, qui semblait avoir retrouvé une deuxième jeunesse aux Clippers avec l'éclosion de Blake Griffin, est échangé contre Mo Williams et Jamario Moon et est donc envoyé mourir, dans une misère totale, à Cleveland. Bon d'accord, les Clippers n'ont pas un bilan flamboyant (21V-37D) mais ils ont le mérite d'être présents tous les soirs dans le Top Ten et présentent une réelle lueur d'espoir pour les années à venir. Et puis il y a le soleil en Californie. B-Davis va maintenant traîner sa vieille carcasse dans l'Ohio, dans la morosité la plus totale et pour une équipe dont le seul fait d'armes cette année est d'avoir enchaîné 26 défaites consécutives (record NBA) ! Le pauvre...
Du côté des équipes cette fois, Charlotte crée la surprise en se séparant de Gerald Wallace, son ailier voltigeant et défenseur dur sur l'homme, ainsi que de Nazr Mohamed pour récupérer Joel Przybilla, Dante Cunningham, Sean Marks, DJ White et Mo Peterson. Les dirigeants des Bobcats devaient être sous acide lorsqu'ils ont décidé ces deux transferts, il n'y a pas d'autre explication.
Enfin, on ne pouvait pas passer à côté du plaisir de parler de Minnesota qui envoie Corey Brewer à New York pour récupérer l'énorme contrat d'Eddy Curry et Anthony Randolph. Ce dernier, très mal utilisé par Mike d'Antoni à NYK ne valait que 2 points et 2 rebonds par match alors que sur la saison passée, le 14ème choix de la draft 2009 valait plus de 11 points et 6 rebonds par match. Minnesota doit dans le même temps deux tours de draft à Denver, résultat du gros trade autour de Melo. Bien joué !!! L'objectif pour les Wolves est encore une fois de finir dernier pour récupérer un bon premier tour de draft et de construire lentement, très lentement autour de ses jeunes de 20 ans. A force de le faire chaque année, la stratégie sera peut-être payante un jour...
Mention spéciale : Houston qui brade sa saison en envoyant Shane Battier à Memphis pour récupérer cette grande gigue d'Hasheem Thabeet, et en récupérant Goran Dragic à la place d'Aaron Brooks.