Un mal pour un bien

Publié le par Masta

On le savait dès la fin de la rencontre contre la Lituanie, ce match entre la France et l’Espagne ne présentait pas de réel enjeu, mis à part éviter la Grèce en quarts de finale. Vincent Collet a d’ailleurs décidé de laisser Tony Parker et Joakim Noah au repos pour ce match afin de laisser le banc français s’exprimer et prendre de la confiance. Du côté espagnol, stratégie complètement différente avec un cinq majeur type.

Comme après tout match, il y a des enseignements à tirer. Si l’on ne regarde que le score final, 69-96 (l’équivalent d’une bonne fessée), on est en droit de dire que l’équipe de France a fait son pire match depuis bien longtemps et qu’il n’y a que du mauvais à retenir de cette rencontre. Ce n’est pas le cas. Certains Bleus ont montré de très belles choses sur ce match. Certains…


Derrière Noah, il y a du monde…

seraphin.jpgLe pivot des Bulls sur le banc, c’est à Kevin Séraphin et Ali Traoré qu’est revenue la lourde tâche de tenir la raquette française. Autant dire que face à la paire Gasol, épaulée par le naturalisé Ibaka et Reyes, la mission s’annonçait impossible. Et pourtant, c’est bien de ces deux joueurs que doit être fier Vincent Collet ce soir. Les deux intérieurs français sont en effet montés en pression tout au long du tournoi pour sortir contre l’Espagne un match très abouti. C’est par eux que sont passées la plupart des attaques françaises dans la première mi-temps et grâce à eux que la France est restée                    (L'homme du match côté français)

au contact de la sélection ibérique. Moves dos au panier, bonnes relations entre eux et avec les extérieurs, dynamisme, présence au rebond offensif, tout y était. Au final, les deux pivots ont rivalisé avec les intérieurs espagnols, cumulant 34 points (contre 40 pour Marc et Pau Gasol, Ibaka et Reyes). De très bonne augure donc pour la suite de la compétition.


… moins derrière Parker et Gelabale

Ce qui est moins encourageant en revanche est le manque de créativité offensive de la part des meneurs remplaçants. 18 points à eux trois, enfin à eux deux (Tchicamboud finissant à 0 point), avec 3 assists et 5 pertes de balle.… Trop peu pour espérer gêner les Espagnols. L’absence de Tony s’est vraiment ressentie ce soir. Si Collet leur a donné du temps de jeu pour prendre de la confiance, les extérieurs espagnols ont clairement contrecarré les plans du sélectionneur français, empêchant les passes faciles, pressant sur toutes les montées de balle, faisant chuter l’adresse extérieure française (est-ce seulement dû à la défense espagnole ?...).

Côté extérieur (enfin avec lui on ne sait pas trop au final), Boris Diaw commence un peu à inquiéter. C’est le troisième match moyen, voire mauvais, de suite pour le capitaine des Bleus. El Presidente, comme aime à l’appeler Jacques Monclar, devra redevenir lui-même contre la Grèce. Le vide qu’il laisse (sic) devient problématique…


Spain, what else ?

rudy et juancaSi quelqu’un avait encore un doute sur ce point, l’Espagne est bel et bien le plus grand favori à sa propre succession. L’équipe fait peur. Quand ce ne sont pas les Gasol Brothers qui martyrisent les défenses adverses, ce sont les irrésistibles extérieurs qui prennent le relais. Et c’est tout aussi dévastateur. A longue distance, les joueurs de Scariolo ont été tout simplement monstrueux, à commencer par Juanca Navarro et Rudy Fernandez (7/8 derrière l’arc à eux deux !). Même Pau Gasol y est allé de son petit trois points ficelle... Les champions du monde et d’Europe, vice-champions olympiques, sont en mode rouleau-compresseur et écrasent tout sur leur passage. Les titulaires sont magiques, le banc l’est tout autant. Seul Ricky Rubio déçoit. Heureusement que les Bleus ne pourront les rejouer qu’en finale !

(La classe espagnole)

 

Ce match pour la première place du groupe E aura démontré (re-démontré) la flagrante supériorité des Espagnols sur les Français. Pour les Bleus, cette défaite va sans doute les remotiver, ou plutôt, les empêcher de tomber dans la facilité contre la Grèce. Un mal pour un bien. Si cette rouste permet aux Bleus d’accéder à la finale, alors tant mieux, car rappelons que ce qui compte avec cet Euro, au-delà du titre continental, c’est la qualification pour Londres.

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Publié dans Basket

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