Premier bilan NBA
Après un gros mois de championnat, et une vingtaine de matches joués par équipe (oui, le rythme des matches est assez impressionnant), l'heure est venue de tirer un premier bilan de la saison NBA en cours. De Boston à Miami, en passant par Los Angeles et San Antonio, les deux conférences nous offrent quelques belles surprises, mais aussi d'énormes déceptions. Allez, petit passage en revue de ce qui se passe outre-Atlantique pendant qu'Iverson honore le public de Villeurbanne sur son parquet en inscrivant 4 points...
Papy fait de la résistance
Revenons quelques années en arrière, en juin 2003 plus précisément. San Antonio décroche son second titre NBA, après celui de 1999, porté par un trio de feu : Timothy (oui, son vrai prénom c'est Timothy, pas Tim, c'est moins classe tout de suite) Duncan, Tony Parker et l'Argentin Manu Ginobili. Sept ans plus tard, soit cette année, les Spurs sont leaders à l'Ouest avec un bilan de 15 victoires pour 3 défaites, avec comme base Duncan, Parker et Ginobili, dont la moyenne d'âge est cette année de presque 32 ans ! Tous les ans, les inquiétudes vont bon train quant à l'état de santé des dinosaures de San Antonio et, tous les ans, ils se hissent jusqu'en play-offs, voire plus si affinités. TP réalise à 28 ans l'une de ses meilleures saisons avec 16,7 points pour 7 passes décisives. A croire que son divorce avec Eva Longoria lui fait le plus grand bien (c'est sûr, arrêter de mentir pour cacher ses infidélités, ça doit lui faire économiser de l'énergie et de la concentration).
Depuis la constitution du Big Three de Boston en 2007, on se pose régulièrement la question : quand vont-ils arrêter de gagner ? Car oui, considérant l'âge des leaders des Verts, on a de quoi s'interroger. Paul Pierce (33 ans), Kevin Garnett (34 ans) et Ray Allen (35 ans) font clairement office de papys dans la ligue. Le poids des âges semble ne pas avoir d'effet sur eux. Et franchement, c'est très frustrant. Pierce tourne à 20 points de moyenne sur les 18 premiers matches, Allen 16 à 43% à 3 points, et Garnett 15 (avec presque 10 rebonds par match). Alors, quel est le secret de la réussite ? Sans aucun doute Rajon Rondo. Avec 11 points pour 15 passes décisives par match, le meneur des Celtics enchaîne les performances de haute volée et fait des grand-pères de la côte Est des prétendants sérieux pour la première place de la conférence Est. C'est franchement énervant de les voir toujours au top, mais personne à l'Est ne semble en mesure de les détrôner pour l'instant.
Les aventures des pieds nickelés
Pour ceux ne connaissant pas la bande dessinée, les Pieds nickelés sont trois amis, escrocs dans l'âme, toujours enclins à s'opposer aux forces de l'ordre. Vue comme ça, la comparaison de James, Wade et Bosh, le fantastique (sic) trio de Miami, avec les pieds nickelés semble tirée par les cheveux. Oui, je vous l'accorde, à part le nombre trois, rien ne les rapproche. Sauf la description des personnages et leur profil. Si je vous dis que les pieds nickelés créés par Louis Forton s'appellent Ribouldingue (un bourrin barbu), Filochard (un petit assez sanguin) et Croquignol (une grande sauterelle toute fine), vous commencez à comprendre où je veux en venir. Et si je vous dis en plus que les débuts des aventures des personnages de BD sont toujours catastrophiques mais qu'ils arrivent toujours à s'en sortir avec les honneurs, la comparaison avec le trio de Miami commence sacrément à prendre forme. Car oui, le Heat de Miami, malgré la présence des trois stars de la draft 2003, est clairement à la traîne. Cinquièmes à l'Est, derrière Boston, Orlando, Atlanta et Chicago, les stars du Heat peinent à jouer ensemble, Wade et James se marchant sur les pieds et remettant de plus en plus en cause la légitimité d'Eric Spoelstra sur le banc. Mais bon, le fabuleux coup médiatico-sportif de Pat Riley finira bien par porter ses fruits, tôt ou tard...
La NBA 2010-2011 en bref
Parce que ce serait vraiment trop long et trop chiant d'écrire (pour moi) et de lire (pour vous) ce qu'il s'est passé en détail durant ce premier mois de compétition, on va se la faire en speed.
- Kevin Durant est encore le meilleur scoreur de la ligue, juste devant Kobe. James évincé de la course au titre de MVP (et oui, il doit partager les points et les passes cette année), les deux garçons font figure de favoris.
- Minnesota perd peu à peu cette image d'équipe de losers qui lui colle à la peau depuis de nombreuses années. Love, qui explose depuis qu'il est champion du monde (avec notamment un double-double à plus de 30-30 !!!), et Beasley, qui enchaîne les grosses perf' avec sa tête d'éternel drogué, ont réussi à hisser les Wolves à..... Ah non attendez, ils sont toujours en bas de classement, avec 4 victoires pour 14 défaites. L'arrivée de Rubio l'an prochain va-t-il y changer quelque chose ? Sur le papier oui. Mais en pratique, avec Minnesota, rien n'est jamais joué d'avance.
- Les Knicks sont potentiellement qualifiables pour les playoffs. Ca faisait longtemps !
- New Jersey a presque égalé son nombre de victoires de la saison passée au bout de seulement 19 matches.
- Blake Griffin, numéro un de la draft 2009, a enfin passé un mois complet sur les parquets et se pose comme favori pour le titre de Rookie of the Year (n'ayant pas joué en 2009-2010 à cause de sa blessure, il peut prétendre à ce titre), aux côtés du rookie surdoué de Washington, John Wall.
- Les Clippers sont derniers.
Du côté des Français
Se pourrait-il qu'il y ait deux Français au All Star Game cette année ? La réponse semble couler de source. D'un côté, comme on l'a vu plus tôt, Parker réalise une excellente saison et mène les siens avec brio. De l'autre, Joakhim Noah, justement considéré par les journalistes américains comme le second meilleur pivot européen jouant en NBA (après l'inévitable Pau Gasol), impressionne de plus en plus, avec des statistiques très respectables pour un pivot : 15,6 points pour 12,4 rebonds (deuxième meilleur rebondeur de la ligue derrière Kevin Love). Oui, le pivot des Bulls de Chicago a clairement changé de catégorie et sera sans doute présent en février à Los Angeles, sur le terrain cette fois.
Les autres Français sont un peu à la peine. Après un très bon début de saison, Nico Batum a perdu sa place de starter à Portland au profit de Wesley Matthews. Mike Piétrus doit sérieusement commencer à se demander ce qu'il fait à Orlando. Ou s'il ne le fait pas, on se le demande pour lui. Avec un temps de jeu de 21 minutes (plutôt pas mal pour un remplaçant), l'ex-Palois ne tourne qu'à 7,4 points par match. Avec des énormes croqueurs comme Carter et Lewis à Orlando, sa place n'est plus en Floride. Sinon, Diaw fait du Diaw, Turiaf est remplaçant de Mozgov à New York, et Beaubois, blessé, va aller faire un tour en D-League avant de rejoindre le banc des Mavs.