Alfredo, fais quelque chose !
« José Mourinho tue le football espagnol ». Piqué ne fait plus dans la dentelle pour dire ce qu'il pense du «Special One». Les images du match retour de la Supercoupe d'Espagne entre les deux géants espagnols ne le contrediront pas. Mourinho a une nouvelle fois « pêté les plombs » en ce mois d'août. Geste à la Milan Baros pour évoquer les odeurs de Messi et Iniesta sur la touche, un doigt enfoncé dans l'oeil de l'assistant catalan Vilanova ou bien encore une feinte de coup de pied sur Fabregas à terre. Le coach merengue a passé la vitesse supérieure. A l'agressivité verbale, il ajoute à présent une violence physique indigne de l'entraîneur du plus grand club de football du XXème siècle.
Un goujat comme entraîneur d'un des clubs les plus classes du monde ? Voilà le décalage problématique aujourd'hui entre l'image qu'a toujours véhiculée le Real, celle d'un club victorieux respectant le jeu, l'adversaire et où les joueurs les plus élégants de l'Histoire ont déjà posé leurs valises (Raul, Zidane, Redondo et autre Di Stefano) et un entraîneur qui ne cesse de ruiner sa réputation clasico après clasico à grands coups de provocations et de critiques arbitrales.
Mourinho qui a même osé sacrifier la sacro-sainte règle du beau jeu madrilène afin d'essayer de battre le rival barcelonais. Résultat ? Fiasco total, des critiques en pagaille venant même du grand Alfredo Di Stefano, une seule coupe du Roi remportée l'an dernier dans une ambiance électrique et un jeu où des génies techniques essaient de combler les lacunes de certains. Le Portugais Pepe est le parfait symbole de ce Real version Mourinho qui veut la victoire à tout prix, même si cela doit passer par des tacles assassins ou des bras d'honneur vers les tribunes. Joueur qui devait quitter le club il y a deux ans mais qui, depuis l'arrivée de Mourinho, n'a jamais eu autant de crédit dans le staff merengue.
Mais pourquoi tant de haine de la part du Special One envers le Barça ? Car il est vrai que seul le club « culé » est la cible de la colère du technicien portugais pourtant formé (en partie) au Barça époque Kappa 1990's. On l'a rarement vu s'emporter autant contre le Milan lors de son passage en Italie par exemple. Plusieurs explications peuvent éclaircir cette relation amour-haine : les anciennes confrontations tendues entre Chelsea et le FCB, sa joie « communicative » et un brin chambreuse lors de la demi-finale retour entre l'Inter et Barcelone, le contexte espagnol pesant où médias, joueurs, entraîneurs et même politiques sont parties prenantes de chaque clasico. D'autres éléments peuvent bien sûr expliquer cette situation actuelle mais une chose est claire : le temps du José tout sourire avec le survet' du Barça est bel et bien fini.
Le temps de l'insouciance pour José et Bobby
Un madridisme en crise
Un élément nouveau est aujourd'hui la clé de cette étrange attitude du Mou' : la défaite. Depuis qu'il est sur le banc du Real et malgré la saison incroyable que vient de faire son équipe, le Portugais n'a jamais autant connu la lose et les déculottées tactique et technique infligées par Pep Guardiola. Le tout devant des dizaines de millions de spectateurs. Et ça, ça fait mal à l'égo déjà grand du Portugais. La manita de l'an dernier avait été un avertissement, les 4 clasicos du printemps dernier n'ont fait que confirmer l'incapacité du technicien à contrer (de manière réglo) le jeu catalan.
Face au Barça tout gentil, tout fort et tout sympa, Mourinho a crée une bête dans laquelle mêmes les journaux pro-madrilènes comme As ou Marca ne se reconnaissent plus.
L'année de la dernière chance
Alors quid de la saison à venir ? Après avoir une nouvelle fois recruté des joueurs offensifs comme Sahin ou Altintop sans pour autant réellement renforcer le secteur défensif (seul Coentrao semble crédible, désolé Varane), la défaite en Supercoupe d'Espagne a replongé le Real dans le doute. Cependant tout n'est pas noir dans le royaume du président Perez. Le Real a su rivaliser cet été avec le Barça en terme de jeu, d'occasions et de possesion. Mais on sait que cela ne suffit pas face à l'ogre catalan. Il faut peut être avoir des c... et jouer « comme des hommes » comme le veut José mais il faut avant tout être intelligent. Et ça José n'a pas l'air de l'avoir compris. Alors vite Alfredo, montre-leur la voie pour éviter une nouvelle déculottée.
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