Top 14 : La grande accélération

Publié le par Babaci

La récente ouverture du marché des transferts a donné quelques indications concernant le futur de certaines équipes mais a souligné également des évolutions manifestes qu’il s’agira de mettre en exergue sans tomber dans la caricature et le conservatisme surjoué.

 


Toulon ne s’arrête jamais.

Henson en joker médical, Giteau, Botta, Palisson, Tillous-Borde, la rumeur Bastareaud, sans trop comprendre l’intérêt du pourquoi du comment, Boudjellal s’agite toujours autant et pourra compter dans son effectif trois des ouvreurs du top 10 des ouvreurs mondiaux (Wilkinson, Contepomi, Giteau). C’est le début de la fin, désormais la course à l’armement passera par une sur-course à l’armement et une course au désarmement des autres. Le Racing qui ne sait pas encore trop quoi faire de Durand ni d’Hernandez ne saura désormais pas trop quoi faire de Estebanez. Forcément cette frénésie angoisse un peu. Le top 14 a beau être désormais le championnat le plus excitant du monde, si ces modèles économiques venaient à l’emporter, il ne faudrait pas qu’ils détruisent les autres, quand des clubs aux moyens moindres tiennent en haut du tableau ou remportent même des titres avec une base de joueurs formés au club et des recrutements étrangers très ciblés (l’USAP champion 2009 et plus récemment Montpellier qui cartonne avec l’arrivée à maturité de ses enfants Trinh-Duc, Tomas, Ouedraogo).

 

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" Je compte vraiment essayer de m'imposer en réserve"


Des discours nouveaux apparaissent, des « plans de carrière » aussi.

Tillours-Borde annonce sans honte « J’ai fait le tour à Castres ». Discours un peu anxiogène pour un joueur qui a passé 4 ans dans un club sans rien y gagner sans que cela le gêne visiblement outre-mesure, club qui lui aura toutefois permis de goûter à l’équipe de France.

Même histoire pour les compères Palisson et Estebanez qui ont bon dos de jouer les tauliers et de briller à Brive, qui les aura propulsé sur le devant de la scène, et de se dépêcher bien vite de partir jouer les doublures de luxe dans des clubs qui les assurent de jouer le titre tout en laissant le CAB dans une sacrée galère. On peut déjà prendre le pari, Claassen se tire et Brive jouera en Prod2 en 2012. Merci les copains. Désormais les « plans de carrière » (terme déprimant, vous en conviendrez) qui n’avaient pas encore droit de cité au rugby ont réellement pris le pas. Est-ce que Boyet a émis l’idée qu’il avait fait le tour à Bourgoin après quelques saisons ?   

 

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"- Oui, On compte vraiment partir de Brive sur un titre !

"- Fabrice, ta gueule, mais ta gueule putain..."


Quelques drôleries.

Skrela ira donc terminer sa carrière à Clermont !!? La notion de joueurs de club, notion qui a perdue tout son sens au foot (Gerrard, Del Piero et Totti sont donc considérés comme des Dieux vivants), risque également de disparaître au rugby, sans le moindre soucis de la cohérence. L’idée n’est pas de tomber dans le conservatisme mais la consommation de clubs n’est pas une donnée hyper sexy. Clermont donne une chance à Lauaki de sortir de l’alcoolisme qui s’en va l’année d’après avec Kelleher faire les sorties de boite de nuit à côte de Bayonne.

Le grand gagnant est peut-être Le jaune (ou Le merdol) qui en profite en vendant sa sauce et le système est lancé. Un site rugbytransferts.com est même apparu, sur le même principe que les maxifoot et consorts et avec le même degré de médiocrité ambiante et de ragotage massif.

Quel est le sens de tout ça ? Les calendriers lourds ne peuvent tout justifier. Les stratégies de clubs et de joueurs court-termistes sont en train de prendre le pas sur les histoires de club. Si le processus du rugby pro était déjà lancé, il s’accélère sacrément.

Les passéïstes ont souvent tort tous comme les vieux cons, toutefois, il apparaît donc important de souligner que le si le rugby a su éviter pendant quelque temps les travers du foot pro, il entre pleinement dedans, avec forcément les débats des montants TV en arrière fond et des transferts aux montants exorbitants à venir encore et encore.

 

Pendant ce temps là, Bourgoin est mort, vive Bourgoin !

Symbole fort de cette évolution, le cas du CSBJ. Début janvier, Bourgoin s’est vu retirer 5 points par la DNCG. Avec toujours ces 5 points au compteur fin février, le club Isérois est assuré de terminer en ProD2 la saison prochaine, d’autant que Tian, Tolou, Coetzee et Nadolo sont partis en cours de route pour alléger la masse salariale et équilibrer le budget.

Après le retrait de Tourtoulou, investisseur plein d’espoir aussi vite parti qu’il est arrivé, le destin était tracé concernant le CSBJ. Pour une ville de 25 000 habitants au tissu économique médiocre, la question est vite réglée, la formation, aussi brillante soit-elle ne pouvant pas tout combler, même pour un club qui a construit l'histoire de clubs du rugby français, très riche. Une pensée pour Clermont où jouent actuellement: Parra, Bonnaire, Cabello, Pierre (sic)…

On citera également en vrac Boyet, Milloud, Fritz, David, Chabal, Boussès, Laussucq, Péclier, Glas, Venditti, Leflammand, Raschi, Tordo... comme joueurs historiques, internationaux pour la plupart, passés par là et qui auront fait la gloire de ce club.

 

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Les beaux Gosses. Chabal avait encore du style.

 

La proD2 s’annonce terrible !

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Publié dans Rugby

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