Requiem pour un incompris

Publié le par Babaci

La plus grande injustice du rugby français a beau être flagrante, elle passe actuellement complètement inaperçue. Un peu comme dans Elephant de Gus Van Sant où les traumas d’une jeunesse américaine désorientée sont finalement si gros qu’on ne les voit pas. D’où la métaphore animalière…

Ok, oublions l’analyse cinématographique foireuse et rentrons dans le vif du sujet.

François Trinh Duc, chouchou caractérisé de Lièvremont (Chouchou : Familier. Enfant, élève préféré, favori : « C'est elle la chouchoute ») a actuellement droit à tous les attributs que lui confère ce statut : temps de jeu hyper conséquent, patience, occasion de repartir après des échecs non-négligeables, effets boomerang médiatiques. Ce dernier s’octroie donc un statut de sénateur tout neuf et surfe sur les derniers bons résultats et la mainmise croissante de Parra sur le leadership des Bleus. L’édifice de Lièvremont est encore très fragile et ce dernier n’ose pas retoucher une charnière qui a connu plus de succès que de défaites.
Pour parler vrai, Trinh-Duc est en réalité un très bon centre. Nombre d’analystes vantent ses crochets, son jeu dans la ligne, sa niaque, ses prises d’intervalles, son sourire taquin. Malgré tout, il représente tellement le rugby français dans ces incohérences que les Bleus ne franchiront jamais le cap de la maturité avec ce zozo à la baguette, qui paraît pourtant fort sympathique. Dans la caste des 10 de grande classe, que Diego Dominguez a pu représenter par le passé, et dont Carter et Wilkinson sont les plus fiers représentants, pointe aujourd’hui un joueur affolant qui n’a pourtant que très peu reçu les honneurs d'une sélection dans le XV de France. Jonathan Wisniewski, formé entre Castres et le Stade Toulousain ne compte que 2 sélections en -21 ans et 3 avec France A en Churchill Cup en juin dernier. Le scandale est tellement gros qu'on n'ose pas y croire.



86959 RACING WINIEWSKI PORTRAIT

 

Jean Moulin artille, distribue et libère

 

 

Si Hernandez, fraichement recruté par le Racing est un magnifique explorateur de sa zone d’ouvreur et si le « el mago » des années Stade Français n’avait rien d’enviable dans son registre sur la planète rugby, Jonathan, leader de jeu actuel du Racing, est un véritable maître à jouer et, comme ses deux compères cités précédemment, peut maîtriser à l’inverse un terrain dans sa totalité, et présente le profil de métronome / régulateur -qui permet de gagner dans la durée et non ponctuellement- que les Français cherchent depuis Lacroix, Lamaison ou Richard Dourthe (rires) mais que n’a jamais réussi à être Beauxis et qu’aurait été Boyet s’il avait abandonné le taboulet du traiteur intraitable bien plus tôt. On aurait pu citer David Mélé mais cette boutade aurait fait rire un lecteur sur 25. Trinh-Duc, avec le talent de Michalak, et le physique fragile en moins, sera capable de sortir un match fabuleux sur un quart ou une demie de coupe du monde pour ensuite roupiller ou disparaître et couler avec l’ensemble de l’édifice, toujours perdant après avoir sorti un exploit historique (Australie 1999, Angleterre 2004, Angleterre 2007).

Jonathan Wisniewski peut décemment permettre aux Bleus d’être champions du monde. Là où l’autre filou botte depuis seulement 2 ans, il affiche des stats affolantes et reste toujours bien calé dans les meilleurs marqueurs du top 14. On oubliera sa transformation manquée pour la gagne lors de la finale d’accession Pro D2 2008 contre Mont-de-Marsan qui l'a vu balancer un désastre du milieu de la ligne des 22 sur le poteau pour retarder la montée de son équipe d’un an et envoyer les Montois au paradis, ou en enfer, selon l’approche. L’ouvreur du Racing sait gérer temps forts et temps faibles à l’inverse de François TD, qui, s’il a progressé au pied, demeure trop faible face à au gotha des ouvreurs mondiaux. Finalement, Jonathan Wisniewski joue juste juste (rires) ce qui manque aussi à l’autre prétendant qui a tendance à trop en faire.
Entre un créateur infatigable et un régulateur sur la pente ascendante au début de sa maturité, le choix apparaît presque idéologique, surtout pour Lièvremont qui se cherche entre volonté de promotion du french flair et politique de rigueur anxieuse. Toutefois un regard porté sur les derniers ouvreurs champion du monde suggèrent que le profil de "manager" l’emporte sur le profil de « fou-fou ». Spencer n’a jamais été champion du monde là où Larkham, Wilkinson, Butch James ont fait gagner leur équipe.

Vous l’avez remarqué, CO essaie de proposer une analyse socio-historico-analytique (fou rires) du rugby, pour percevoir ce jeu autrement et avec plus de recul que le marché conjoncturel que propose le Midi Olympique, suppôt du Stade Toulousain, maintenant deux fois par semaine, pour expliquer que tel ou tel club va mieux ou en chie pour une lecture très terre à terre, avec le classement des budgets légèrement retouché en arrière fond.

 

Un dessert sur un plateau, en 3 temps 

 

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Publié dans Rugby

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M
<br /> Tu dois être content Antoine, Lièvremont a appelé Wisniewski pour remplacer Trinh Duc. Faut croire que le sélectionneur lit CO !<br /> <br /> <br />
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