Miami Hate

Publié le par Masta

Ca aura été le feuilleton du début d’été, bien avant la saga Carmelo sur fond de « Je t’aime, moi non plus » avec les Nuggets : mais où ira donc Lebron James ? Après « The Decision » sur ESPN, ce bon vieux Lebron a posé ses valises en Floride, à Miami. Ah, Miami, le soleil, les experts, les plages, les bimbos refaites, les vieux, la communauté cubaine, … , et Dwyane Wade, leader incontesté du Heat depuis 2003. La grande question que tout le monde se pose est : Comment se déroulera la coopération entre les deux superstars ? No one knows… Mais une chose est sûre, Miami nouvelle version va faire des étincelles et va surtout énormément faire parler. Que ce soit en bien ou en mal…
Comme en 1995, Pat Riley, fraîchement nommé General Manager de la jeune équipe de Miami (créée seulement 7 ans plus tôt), a réalisé cet été un coup de maître. A l’époque, il avait fait venir Alonzo Mourning, défenseur acharné s’il en est, pour l’associer à Tim Hardaway. Le résultat ne s’est pas fait attendre : 61 victoires en saison régulière la saison suivante. Et cet été, Pat et ses cinq bagues de champion NBA en tant qu’entraîneur (la dernière obtenue, justement, avec Miami, en 2006), a remis ça. Faire venir, durant la même free agency, sans doute la plus attendue de l’histoire, Lebron James (avec le gros et chauve Zydrunas Ilgauskas dans ses valises), Chris Bosh, Mike Miller, Juwan Howard et Edouard Maison, ça relève sacrément du génie… au risque de faire du Heat de Miami une équipe de mercenaires relativement répugnante. Voici donc quelques bonnes raisons de détester le Heat version 2010-2011.

 

1 / « The King »

 

Alors lui, il commence sérieusement à nous les briser menues. Déjà qu’il était insupportable à Cleveland, il a encore gagné quelques points sur l’échelle CO du mec le plus détestable. On peut être le meilleur joueur du monde (quoique cette affirmation soit à prouver…) et rester un minimum humble. « The Decision » restera sans doute l’un des faits les plus ridicules à son actif. Pour mémoire, « The Decision » est une émission télé sur ESPN durant laquelle Lebron James a annoncé en direct, après des semaines de rumeurs de transfert démenties et des semaines à clamer son amour pour Cleveland et l’Ohio, qu’il irait finalement jouer le titre avec ses potes Wade et Bosh à Miami. Rappelons également que James avait assuré qu’il ne quitterait pas les Cavs sans avoir gagné de titre avec eux. Mytho ! C’est sûr, c’est plus facile d’aller gagner un titre avec une armada plutôt qu’avec des joueurs bons mais sans plus. James, pas assez bon pour gagner sans joueur majeur à ses côtés ? Il faut croire… 

 

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(Eux, ils ont tout compris) 

 

2 / Un nouveau Boston 2007-2008

 

Rappelez-vous, été 2007, l’annonce tombe comme un cheveu sur la soupe : les Boston Celtics viennent de signer Ray Allen a.k.a the Sniper, et ce bon vieux Kevin Garnett, tous les deux en quête de titre avant leur retraite. Enorme coup. Boston s’est constitué un Big Three de dingue, Paul Pierce étant resté dans son équipe de cœur. La vie a l’air rose comme ça mais la construction de cette équipe s’est faite en virant 7 joueurs des Celtics, victimes du glorieux passé presque oublié de l’équipe : Jeff Green, Delonte West et Wally Szczerbiak pour obtenir Allen ; Al Jefferson, Ryan Gomes, Gerald Green et Sebastian Telfair pour Garnett. Dès la première saison du Big Three, une 17è bannière de World Champions est venue s’ajouter au plafond du TD Garden. Mais quand même, en regardant l’effectif de la saison précédente, l’équipe a été refondée à plus de  80%…
Pourquoi cet exemple des Celtics ? Parce que cette situation se répète en Floride. James et Bosh dans le rôle de Ray-Ray et de Garnett, ce rôle de mecs qui ont compris qu’ils ne gagneraient jamais tout seul. Wade dans le rôle de Pierce, celui de « j’étais là le premier ». Jermaine O’neal dans le rôle d’Al Jefferson : « on t’aime bien mais va voir ailleurs ». Et puis Michael Beasley, la grosse victime de l’arrivée de James et Bosh, condamné à aller croupir quelques années à Minnesota en échange d‘un tour de draft. Aïe, violent pour le second choix de la draft 2008.

 

3 / Trop de All-stars tue les All-stars

 

Wade-Bosh-James-400x323.jpgWade, James, Bosh : trois mecs draftés dans les 5 premiers de la fabuleuse draft 2003. Comment les faire cohabiter ? C’est bien toute la question. Pour Bosh, le problème est vite réglé. L’ex-Raptor n’est pas un gros bouffeur de ballons. Logiquement, son rôle devrait se limiter à chopper les rebonds, défendre comme un acharné, et planter une vingtaine de points dans la raquette. Ce n’est pas Haslem qui va lui marcher sur les pieds. En revanche, la cohabitation entre James et Wade risque d’être un peu plus compliquée. Comment ne pas imaginer que ces deux serial-dribbleurs-shooters(-croqueurs ?) ne vont pas se gêner. Dans le meilleur des mondes, les deux superstars se feraient des passes entre eux, accepteraient de baisser leurs moyennes de points et se mettraient au service du collectif. Mais aucun des deux n’a jamais joué aux côtés d’un mec de même valeur à un poste similaire, hormis en sélection américaine.
Deux superstars dans une équipe, on a déjà vu ça. Au Heat en 2006 par exemple. Wade et O’neal. Aux Lakers au début du millénaire avec Kobe et Shaq. Dans les deux cas, un ou plusieurs titres à la clé, livrés avec quelques embrouilles entre des joueurs aux egos surdimensionnés alors que, dans les deux cas, les stars évoluaient à des postes différents. En transposant ces situations au Heat d’aujourd’hui, avec James et Wade en 2 ou en 3, ça laisse perplexe. Il est donc facile de penser que ce n’est pas au Heat que se trouve le MVP 2011... La cohabitation forcée risque d’être très profitable à un certain Kevin Durant qui, lui, pourra exprimer pleinement son talent à OKC, voire même à Kobe… Pas sûr que le fait de jouer ensemble pousse les deux gaillards du Heat à continuer leur progression…

 

4 / Y’a-t-il un meneur à Miami ? 

 

Là, on touche à un autre problème pour Pat Riley. C’est bien beau de recruter des ailiers de grande classe mais le poste de meneur est bien dégarni. Qui sera le meneur titulaire ? Mario Chalmers ? Les seules fois où il est bon, c’est sur 2K, et encore, après plusieurs saisons. Eddie House ? Impossible de mettre ce croqueur à la mène sans craindre une pluie de torpilles à 3 points. Carlos Arroyo ? No comment. Autre solution, décaler Wade ou James au poste de meneur, ce qu’ils savent faire tous les deux. Mais là encore, problème. Lequel ? Etant donné leur ego, aucun n’acceptera facilement que ce soit l’autre qui prenne le jeu à son compte. Donc pour résumer, pas de meneur digne de ce nom, ou alors un décalage à la mène de Wade ou James qui ferait passer l’autre pour un second rôle.


Housemedupd

 

(Quand on est passé par les Clippers, les Bobcats, Les Bucks, les Kings, les Suns, les Nets, et les Celtics,
y'a vraiment pas de quoi faire le malin)

 

5 / Fans opportunistes

 

Finissons enfin par ce qui est sans doute l’aspect le plus gerbant de ces transferts. Il serait intéressant d’avoir une estimation du nombre de supporters du Heat pour cette saison, et surtout le delta par rapport à la saison précédente. Etre fan, c’est supporter une équipe dans les bons et les mauvais moments (le supporter du PSG que je suis en sait quelque chose…). J’aimerais donc poser une petite question aux anciens supporters de Toronto et de Cleveland qui, une fois leurs deux superstars parties, se sont mis à acheter les maillots 1 et 6 du Heat : Connaissez-vous l’existence de Tim Hardaway ? Non ? Alors informez-vous un peu sur l’histoire du club avant de vous remplir de bière et de chips, affalés dans votre canapé devant un match du Heat.

 

 

Bref, le Heat version 2010-2011 s’impose comme grand favori pour le titre mais dégoûte. Pour se rassurer, on peut toujours garder en tête que, même si Miami est champion NBA quatre ans de suite avec cet effectif, Wade aura toujours un titre de plus que Lebron. Et ça, ça fait sacrément plaisir. 

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Publié dans Basket

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