Des étoiles dans les yeux

Publié le par Masta

Comment ne pas être émerveillé par le All Star Game? Ce match des étoiles, qui se déroulera cette année le 14 février dans cette chère ville texane de Dallas, regroupera les 24 meilleurs joueurs de la NBA. Enfin, les 24 meilleurs, c’est beaucoup dire. Il faudrait plutôt dire les « 24 plus grands showmen dunkers de la NBA ». Car oui, c’est bien de cela dont on parle, de show et uniquement de show. Ce n’est pas au ASG qu’on verra un jour des défenses placées (ou le moindre système défensif d’ailleurs…). Dommage donc pour les Kaman, Noah et les autres intérieurs vraiment pas sexy en attaque mais qui fournissent un taf monstrueux en défense. On retrouve ce phénomène au foot où, chaque année, le meilleur joueur de L1 ou le ballon d’or se retrouvent être des attaquants ou des milieux offensifs, mais jamais des milieux récupérateurs ou des défenseurs. À croire qu’ils n’existent pas. Or, sans ces taffeurs, le basket ou le foot ne ressembleraient pas à grand chose…


C’est un match fait pour les attaquants, pour les franchise players. Quand on voit que les scores sont régulièrement supérieurs à 120 des deux côtés, on se dit que c’est un beau match. C’est sûr qu’on pourrait faire le Top Ten of the year uniquement en compilant les meilleures actions du ASG. Mais niveau basket, il faut avouer que ce match n’a pas un grand intérêt…
Le pire dans tout ça c’est que les joueurs laissent leurs corones aux vestiaires et se plient à ce jeu. Mais où sont donc passées les bonnes vieilles rivalités qui faisaient vivre les ASG jusque dans les années 90 ? Où est passé cet esprit à la sauce Bad Boys from Detroit qui refusaient de faire jouer Jordan ? Non, aujourd’hui, les stars ne viennent que pour jouer, et ne cherchent plus à s'imposer face à leurs rivaux personnels. La preuve l’année dernière où Kobe et Shaq, tout contents de rejouer dans la même team, se sont vus décerner le trophée de MVP du ASG. Ah tiens, ils sont de nouveau amis… ?

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Allez les gars, soyez sympas, laissez-moi jouer

Mais bon, comme tout le monde le sait, business is business. Et ce n’est pas en sélectionnant des défenseurs purs et durs que les spectateurs américains moyens, avec leurs bières, leur pop-corn, et leurs maillots taille L pour des gabarits de 130 kilos (et pas la moindre trace de muscle là-dedans), s’amasseront en masse devant leur télé la nuit de la Saint-Valentin.
Dunks, alley-oops, circus shots, 3-points contest dans le match, telle est la recette qui fait vendre. Les cerveaux de la NBA l’ont compris depuis bien longtemps. Les spots publicitaires se vendent à prix d’or, les temps morts sont aussi longs que les temps de jeu avec des animations à la pelle, des artistes renommés (sic) viennent mettre l’ambiance.
La NBA c'est du sport-spectacle, le ASG, quant à lui, c'est un spectacle à caractère sportif. C’est l’endroit où il faut être vu (le nombre de people est assez hallucinant, on se croirait aux Oscars ou aux MTV awards), où l’esprit patriote américain s’exprime au maximum. Si tout le monde pouvait raisonner comme Jooks qui a déclaré après sa non-sélection qu’il y avait de biens meilleurs endroits où être présents ce soir-là, le ASG ne serait alors qu’un vulgaire match d’exhibition digne du Bronks ou de Harlem.


J’allais oublier, le ASG ce n’est pas qu’un match, c’est aussi des concours, dont le fabuleux et ô combien spectaculaire concours de dunks. Mais là encore, tout se perd. Souvenez-vous de ce légendaire concours entre D-Wilkins et Spud Webb, souvenez-vous du dunk de Jordan avec appui sur la ligne des lancers-franc, souvenez-vous des apparitions fracassantes de Vince Carter, ou encore du premier rider rentré en concours par Kobe Bryant… Un certain Lebron James, qui fait pourtant de récurrentes apparitions dans les Top Ten avec ses tomars en contre-attaque et ses reversed windmills, a d’abord annoncé sa participation au Slam Dunk Contest… puis s’est rétracté… Où est passée sa quête de gloire ? Sa quête de tous les titres possibles en NBA ? Où sont surtout passés son courage et sa fierté ? Mais bon, on peut le comprendre, c’est sûr que contre le micro-meneur-dunker New-Yorkais Nate Robinson il n’avait aucune chance… Les temps sont durs pour les amateurs de vrai spectacle en quête de rivalités…


Du rêve, du rêve et encore du rêve, c’est ça le ASG. Et, comme à Camembert Orange on adore l’esprit de contradiction, même si on trouve que c’est une ineptie pour le basket dans ce qu’il a de tactique et d’humain, on sera quand même vautrés dans nos canapés, la bière à la main et le paquet de chips dans l’autre, jusqu’à très tôt le matin, à regarder comme tout le monde cette démonstration de basket-business.



Attention, sortez les mouchoirs ! Avant, le Slam Dunk Contest, ça ressemblait à ça !


Le mythique concours de 1986, sans doute l'un des meilleurs




Le dunk moderne, c'est lui !!

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Publié dans Basket

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