L'art de l'inconstance.

Publié le par Junior & Babaci


A l’aube du tournoi des 6 nations, petit zoom sur l’équipe de France de rugby. 

Pas question de questionner l'équipe, les goûts et les couleurs de Lièvremont. L'angle d'attaque de l'article sera l’inconstance française, ce don du ciel qui fait que, en tant que latin, et ce dans tous les sports, les communéments appelés "Bleus" (quelle originalité) peuvent faire rêver un jour et pleurer le lendemain avec regard centré sur le 15 de France, pas avare en ascenseur émotionnel de la sorte.

28/11/2009 France – Nouvelle Zélande à Marseille. 
La plupart des analystes clament qu’il n’ y a pas grand-chose à dire, justement, sur ce match, que les Blacks ont surclassé les Français, que la France n’a pas été à la hauteur, mais que les Bleus vont continuer à travailler et qu’ils feront mieux la prochaine fois nianianiania, L'idée n'est pas de remettre en cause cette analyse, qui est plus que valable pour de nombreuses raisons. Parce que les Blacks se préparaient depuis plus longtemps pour cette échéance, finalité de leur fin d'année 2009 après un Tri-Nations dégueux, parce que le Top 14 se déroule en même temps, parce que les Bleus avaient des blessés, parce que Carter dans un fauteuil a été exceptionnel et sur une autre planète, parce que les Blacks jouent après contact et pas les Français, parce que leur fraicheur physique a demonté les tricolores dans les regroupements (...)

Mais nous, chez Camembert Orange, souhaitons aller plus loin que cette analyse factuelle du match. Creuser un peu plus profond que tous ces paramètres mesurables à coups de statistiques et s’intéresser à une autre donnée, moins facilement mesurable, qui fait l'essence même du sport : le mental, le spirit, les cojones, appelez ça comme bon vous semble. Loin de nous l'idée de jouer les Marcel Ruffo dans le midol du lundi. Mais juste l'envie de questionner un peu "le french flair", ou french freak (Big Up à toi Diarra !). Jo Maso & Villepreux ont beau être des monuments de ce sport, les 3/4 Français ont beau avoir une réputation de poètes, le 15 de France n'en gagne pas pour autant une coupe du monde. 

Ce genre d'essais historiques font les grandes lignes d'une oeuvre littéraire et romancée mais ne font pas des Français des gagnants


 

Mais venons en au fait. Si les Anglais (ou plus généralement les Anglos-saxons) sont lancés dans une spirale de la défaite, ils n'arriveront pas à s'en sortir (récemment), à l'inverse, s'ils arrivent à gagner, pas question de les freiner (2004), toute l'inverse de notre douce incertitude psychique.

En effet, le grand défi des coachs de l'EDF est de faire cohabiter french flair et rigueur.

Laporte s'est perdu dans trop de rigueur et de rigidité à vouloir copier les schémas de jeu des Aussies et du Super 12 de l'époque. Une dizaine de temps de jeu prévue à l'avance avec le point de chute du regroupement, les soutiens, les courses, les leurres etc.. jusqu'à en dénaturer l'état d'esprit et l'instinct de son équipe. L'exemple le plus marquant pouvant être la demi-finale de la Coupe du Monde 2003, (après le quart contre l'Irlande, meilleur match de l'ère Laporte), durant lequel les joueurs ont vu leur plan de match complètement remis en question par la pluie, un paramètre de jeu perturbant qu'il fallait maîtriser. "Mince" s'est dit Laporte, "J'avais oublié cette option dans mon logiciel". Et les tricolores, désarmés face à cet imprévu météo, se sont retrouvés sans réponses tactiques face à un 15 de la Rose très solide derrière leur Johnny à eux, alors sur le toit du monde.

Lièvremont, lui, se cherche encore une voie intermédiaire entre french flair à toute épreuve, lorsque la relance dans les 22 devient abusément une éthique de vie, et l'utilisation de son cerveau une possibilité oubliée (à sa prise de fonction) et une rigueur à nouveau surjouée (plus récemment).

Ce tournoi sera l'occasion de suivre l'évolution de sa politique.

En attendant, Thierry Dusautoir en revient à une réalité plus simple. "Nous manquons certainement de constance sur le plan mental. Le fait d'avoir toujours faim, de ne pas se satisfaire de ce qu'on a produit, d'aller toujours chercher les victoires, c'est plutôt ça qui nous manque aujourd'hui." 

Devenir des "tueurs". 

La prise de conscience, en sport ou en politique, est souvent le terreau de quelque chose de grand, à vous de jouer !






 hist 1972


Dur de renier un tel héritage...
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Publié dans Rugby

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