Devenir des hommes
En plein boom Invictus, semi-déception cinématographique dans laquelle ce bon vieux Clint se lance avec audace mais non sans difficulté dans l’inexploré (le rugby et Hollywood), la dream team de Camembert Orange décide de parler un peu cinoche.
Mais attention, pas de grands films en perspective, pas de "Raging Bull" ou de "Million dollar baby", cela n'aurait aucun intérêt et a surtout déjà été fait. Non, on va se concentrer sur des films un peu moins spirituels mais tout aussi intéressants, en plusieurs volumes.
Première dose de kiff avec "Coach Carter"
Coach Carter, incarné par Samuel Lee Jackson, (qui est quand même super classe) est l’ancienne superstar de l'équipe de basket de son lycée, les Oilers, dans les années 70 et détient le record de passes décisives de l'histoire de la high school. 25 ans après, fort de sa réputation, il est appelé pour reprendre en main l'équipe, devenue une véritable team de losers, de pseudo joueurs qui n'ont aucune idée de ce que signifie le mot "team". Des renois illettrés, des mexicanos bien gangsta, des wannabee en veux-tu en voilà, le fils à papa du coach, et une histoire d'amour au milieu, telle est la recette de ce film pour ados comme les autres, mais pas seulement.
Dès son arrivée, il impose ses règles (un dress code, une note minimale pour jouer dans l'équipe, etc.) et se met l'équipe à dos. Normal, sinon le film n'aurait duré que 10 minutes. Forcément, il finit bien par les souder en une véritable équipe et transforme ces branleurs en véritables basketteurs, presque même en adultes responsables. Toute le registre de la fable sociale y passe. Il remplace des parents absents, remet les jeunes délinquants dans le droit chemin, devient l'épaule sur laquelle ils peuvent venir pleurer, le héros local quoi, en partie incompris comme tout héros qui se respecte. Les Oilers, véritable risée du championnat, deviennent des tueurs, une équipe injouable enchaînant les victoires, et ces gamins des rues prennent conscience de leur potentiel.
"Je vais vous apprendre le respect moi !!"
Ok, c'est un peu tiré par les cheveux et d’une pauvreté à toute épreuve. Mais finalement, entre une reconnaissance évidente dans des personnages prévisibles et le fantasme du jeune occidental qui aurait aimé être noir et vivre une ascension sociale du genre, on finit par se prendre au jeu, on veut les voir gagner, et on en vient même à être triste pour eux quand ils se font engueuler après une soirée trop arrosée.
Finalement le film tient en cohérence parce qu'il s'agit d'une histoire vraie.
Véritable hommage au système universitaire américain qui fait la part belle aux sportifs, Coach Carter est un film à voir et à revoir pour tous les dingues de basket et tous les fans d’Ashanti, en mode cendrillon du ghetto. Le schéma est simple, les personnages aussi, le kiff réel.
La morale de cette histoire? "Tu n'as aucune chance dans la vie? Alors fais du basket, mais aux Etats-Unis bien sûr, et tu deviendras un homme". Le basket US se vend comme ça, combinant passés troubles et dress code. En fin de compte, ce n'est pas pour rien que le slogan de la NBA est "Where amazing happens", et Coach Carter nous rappelle en partie pourquoi.
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