De l'orgasme à la simulation!
Qu’elle est loin cette période où l’on pouvait admirer Fred Weis se faire postériser par sa seigneurie des airs, j’ai nommé Vinsanity Carter, en match de poule des JO de Sydney (http://www.youtube.com/watch?v=XMrPjl-927Q)
Qu’elle est loin cette époque où l’Equipe de France menée par Rigaudeau, Bilba et consors s’inclinait en finale de ces JO face à cette même armada américaine (85-75).
OMG qu’elle est loin cette époque où l’EdF arrivait encore à se qualifier pour les JO!
Parce que oui, après l’épopée olympique de Sydney, le cas EdF est devenu des plus inquiétants.
Retour sur un des plus grands mystères du sport français entre récit, analyse et déconfitures. Quand lose rythme toujours avec France, même si les génies s'accumulent.
En espérant que l'EdF reste toujours un service public, mais qu'elle gagne enfin! (hilarité générale)
Avec quasiment la même team qu’à Sydney, l‘EdF ne décroche qu‘une 6ème place aux championnats d‘Europe de 2001. Décevant. Surtout quand on sait que le prodige du basket français, alors âgé seulement de 19 ans, arbore pour ses toutes premières sélections en senior le jersey bleu. Tony Parker, fraichement drafté par les Spurs de San Antonio, ne réussit pas à sauver les Bleus pour sa première compétition officielle. Huit ans plus tard, le constat est le même (sic). On pensait que l’intégration progressive des champions d’Europe juniors 2000 dans la team senior se ferait sans problème, que les résultats suivraient et que l’EdF attirerait les médailles comme une merde attire les mouches. Le problème c’est que le passage de témoin entre les anciens et les nouveaux ressemble aux 4*100m français : des talents des deux côtés mais une transition à chier. Bilba, Risacher et autres partant à la retraite, il fallut trouver des joueurs pouvant les remplacer, après leur départ en retraite internationale. Pour l’Euro 2003, Diaw, Flo Piétrus et Turiaf, les potes de l’INSEP déboulent. Sur le papier, cette team a une gueule phénoménale, malgré sa jeunesse. A côté de ces trois mecs bourrés de talent, on retrouve d’une part la fougue et la jeunesse d’un Parker et de l'autre l’expérience internationale des Julian, Rupert ou Foirest. La team France construite depuis 2001 a de quoi faire pâlir les ricains. Avec Parker, Diaw, les Piétrus brothers, Turiaf and Cie, on pouvait s’attendre à des perfs à la pelle. Mais non, à Athènes et à Pékin, les seuls représentants du basket français étaient les Crazy dunkers. Et là, la trique qu’on aurait pu avoir en voyant le roster disparaît très vite. Ca fait un peu le même effet que de passer d’Hannah Hilton à Mimi Mathy… En réalité, le passage à vide va carrément devenir une traversée du désert.
La dernière décennie de notre chère sélection nationale est un véritable chemin de croix. La transition entre les vice-champions olympiques de Sydney et les champions d’Europe juniors en Croatie de 2000 a été un échec et les erreurs se sont enchainées.
Pourquoi? On se le demande encore.
Retour sur l’Euro 2003, Alain Weisz, et ses choix plus que douteux. Le problème se révèle être un problème d’egos et de projet de jeu. Parker se retrouve perdu dans une équipe avec des arnaques qui ont eu l’honneur d’aller faire un petit tour rapide en NBA sans jamais convaincre (Moïso, Wahad) et dont l’implication dans ce projet à moyen/long terme de reconstruction est quasi inexistante. Résultat, les matches chauds sont perdus et une 4ème place synonyme de non qualification pour les JO.
Claude Bergeaud, arrivé à la tête de la sélection après l’échec de l’Euro 2003 est un peu plus cohérent dans ces choix que son prédécesseur. Pour l’Euro 2005, la bande de potes de l’INSEP rejoue enfin ensemble. TP, 3D, Mike, tous les trois en NBA, se retrouvent sous les mêmes couleurs. Bergeaud rappelle Rigaudeau. Mais la sélection de Fred «je-me-fais-jumper-par-dessus» Weis reste un mystère quand on sait qu'il n'a pas fait la préparation, symbole de ces choix toujours difficiles à décrypter! La troisième place n’a rien d’infamante, elle est même prometteuse, mais le basket français est persuadé que ses djeuns peuvent et doivent gagner. Tout le gratin du basket français était en effet prêt à envoyer la sauce en voyant le match contre la Serbie-Monténégro, alors à domicile, dans l'ambiance surchauffée de Novi Sad. Troisième de sa poule, la France doit passer par un terrible barrage pour espérer jouer le tableau final. Ce match contre la S-Mont restera sans doute l’un des meilleurs matches internationaux de l’EdF et la plus grande érection offerte par cette génération gatée. Mike Gelabale plante 12 points avec des actions à en perdre ses cheveux (rires), Parker 13 et Rigaudeau 14 tout en muselant parfaitement l’armada serbe. Le match de rêve en somme, remporté 74-71. Jaric est renvoyé plus tôt chez les T-wolves, Bodiroga et ses potos à leurs études ou leurs retraites. L’Edf a droit à la Grèce en demi-finale. La France mène de 7 points à 45 secondes de la fin et là, c’est le drame. La Grèce s’impose sur le fil 67-66 grâce à 2 lancer-francs ratés par la France et un 3 points Jordanesque de Diamantinis qui fait redescendre les Français sur terre. La France termine finalement troisième en balayant l’Espagne 98-78. C’est la première médaille continentale depuis 1959, de quoi recommencer à rêver de grandeur.
Mais l’euro 2007 est un véritable fiasco. 8ème place et rebelote, pas de JO et une spirale négative enclenchée. Durant cet Euro, il y a eu un peu de tout. Un peu de malchance (la «blessure» de TP), une sélection douteuse (Morandais, Bokolo, Kirksay plutôt que Mike Pietrus et j’en passe), un collectif toujours pas vraiment rodé. De quoi frustrer tous les supporters français. Il faudrait que la FFB ait ne serait-ce qu’un semblant d’influence sur les rockstars Popovich ou Van Gundy pour éviter que les franchises nord-américaines ne pourrissent les préparations de tournoi. Il faudrait que ces gros business reconnaissent les compétences du staff médical français pour éviter les aller-retours de certains joueurs pour une simple contusion. Il faudrait que les très bons joueurs de Pro A refusent d’être draftés pour s’aguerrir dans les grands clubs européens et jouer de vrais matches de haut niveau FIBA en Euroligue plutot que d’aller cirer le banc des franchises NBA (quand il ne sont pas envoyés en NBDL… Qui se souvient que Petro joue en Nba?). Il faudrait une vraie politique longtermiste concernant la formation des clubs plutôt que ces recrutements labellisés US fait de joueurs en fin de carrière ou de recalés de la draft qui transforment la ProA en un vulgaire théâtre de vieux solistes. Oui, ça fait beaucoup... (Je reviendrai sur la Pro A dans un autre article)
Après un bref retour aux affaires de Gomez en tant que sélectionneur, c’est à Vincent Collet, qui jouit d’une bonne réputation avec ses résultats à l’ASVEL, que revient la lourde tâche de mener l’EdF dans le tournoi de repêchages pour les championnats d’Europe 2009, tournoi traquenard qu’on peut qualifier de première lueur d’espoir vers un retour au sommet. Le roster fait peur, très peur. Parker, Diaw, Flo Piétrus (Mike étant retenu par le Magic pour cause de blessure au poignet contractée pendant les Finals NBA), Noah, Batum, Turiaf, Antoine Diot, De Colo, Bokolo, Ali Traoré. Une équipe de rêve qui combine parfaitement les joueurs NBA et les meilleurs Français de Pro A. Au final, une qualification pour l’Eurobasket 2009 en Pologne (en éliminant notamment l’Italie et ses génies Belinelli et Bargnani). La France sort première de sa poule, puis première du tableau principal en cumulant 5 victoires pour 0 défaite (meilleur bilan à ce stade de la compétition). Et bim, -la poisse française-, quart de finale contre l’Espagne, finalement perdu de 20 points. La sélection tricolore, pourtant en grande forme pendant cet Euro n’a craqué qu’une fois, dominée par les systèmes hispaniques, un Gasol injouable, un Rubio en mode caviard, et les Rudy ou Navarro sur une autre planète. L’Espagne remportera cet Euro avec un bilan de 6 victoires pour 2 défaites. La France finit quant à elle 5ème (8-1) et décroche une place qualificative pour les mondiaux 2010 qui auront lieu en Turquie.
Si Collet reste cohérent dans ses choix (contrairement à ses prédécesseurs, il a l’air plutôt sain dans sa tête le bonhomme), si les blessures épargnent l’EdF d’ici 2010, si Noah peut apporter sa hargne et enfin être le point d'encrage qui manque toujours à la raquette de cette équipe, alors elle pourra rivaliser avec les Etats-Unis, l’Espagne ou encore une Argentine même sur la fin, le petit monde du basket hexagonal pourra être fier de ses petits, et on pourra imaginer voir des rencontres internationales sur France2 en prime-time… (non je déconne...)
On oubliera alors les mauvais choix, les erreurs de castings, les changements de lignes directrices permanents en terme de joueurs, de projets de jeu, la faiblesse de la ProA et la génération Croatie aura ce qu’elle mérite.
Pourtant il a une bonne tête de vainqueur ce type...