Barça – Real, CO y était.
- On vous gave avec ce classico depuis quelques jours, autant vous parler un peu du match et de foot-
Arrêtons la publicité mensongère, CO n'était pas à Bernabeu pour le classico le plus cher de l'histoire. CO n'a tout simplement pas le budget de Florentino Perez pour se payer une entrée à Bernabeu. Etudiant à Grenade, j'ai donc choisi la facilité avec un bar à tapas de la belle cité andalouse. Mais bon, être dans un bar espagnol le soir du match le plus important de l'année, c'est la même chose au final.
Le Barça a donc réalisé le grand coup du week end en allant s'imposer sur les terres du Real qui paraît une fois encore plongé dans la crise. Petit retour sur la soirée d'hier.
Déjà, il faut savoir qu'un classico espagnol n'a rien à voir avec notre classico français. Ici tous les médias en parlent pendant une semaine, les maillots sont de sortie et les jours de matchs, mieux vaut se dépêcher pour pouvoir acheter des pizzas et des bières au supermarché.
Après une heure d'échauffement grâce à la sacrosainte combinaison bières-tapas, le match peut commencer et c'est peu dire que la salle du bar est merengue. Bref pour le championnat mais aussi accessoirement pour mon honneur de supporter «culé», le Barça ne devait pas se louper ce soir.
La tension est palpable sur comme hors du terrain. Les fautes s'accumulent et l'arbitre ne se fait pas prier pour commencer à distribuer les premières biscottes. Motivé à l'idée de laver l'affront de l'an passé, les Merengues imposent une pression monstre durant les vingts premières minutes. Mais le Barça reste solide, fait le dos rond et parvient peu à peu à sortir la tête de l'eau pour planter la première banderille à la demi heure de jeu. Un but qui montre la maîtrise technique d'un Barça qui même en difficulté parvient à ridiculiser les défenses : un une-deux magnifique de Messi et Xavi, l'argentin reprend le ballon d'un amorti poitrine et d'une reprise du droit qui laisse sur le cul une moitié de l'Espagne et donc la moitié du bar où j'étais. Bon pour tout dire, je faisais partie de l'autre moitié à savoir des aficionados du Barça. Les premières insultes commencent naturellement à tomber mais l'ambiance reste quand même bon enfant.
Peu à peu, le Barça retrouve donc son aisance technique et sa maîtrise collective prend le dessus sur les initiatives madrilenes qui se résument trop souvent à des raids collectifs de CR9. A noter toutefois la bonne prestation des ailiers Ramos et Marcelo qui a sorti son seul bon match de l'année. Les accélérations de CR9 et de Van der Vaart ne permettent pas au Real de trouver la faille et le score reste donc de 1-0 à la pause. On se repose, on débat sur le match, on commande des bières et c'est reparti pour la deuxième mi-temps.
La seconde période aura vu un Real toujours plus entreprenant, toujours plus agressif et parfois violent (mention à Sergio Ramos et Xabi Alonso), manquant même de réussite par deux fois avec CR9 et Van der Vaart mais Victor Valdes confirmait une nouvelle fois qu'il faudrait compter sur lui pour la coupe du monde. Paradoxalement, même sous la pression du Real, même sous les coups du duo Gago-Xabi, le Barça a toujours paru serein et «solide sur ses appuis».
La pression ne descend pas à l'inverse de celle qui se trouve dans nos verres et les supporters madrilenes sentent bien que le Barça sera une nouvelle fois intouchable cette année.
La nouvelle trouvaille de la Cantera, Pedro, crucifia sur un contre attaque Casillas dont la figure de San Iker semble bien loin. Ne nous y trompons pas, si le Real paraissait plus entreprenant, plus agressif dans les duels, c'est bel et bien le Barça qui contrôlait les débats grâce au talent de Messi, à la qualité technique de Xavi qui est le véritable maître à jouer du Barça, à la solidité de ses cadres mais aussi à la réussite digne d'un (futur) champion.
Un second but qui libère la partie catalane du bar qui peut commencer à chambrer avec les traditionnels «Olé». Les maillots blaugrana se montrent beaucoup plus qu'au début du match. La fin du match est sifflée, les plus tristes s'en vont alors que d'autres réclament des bières pour fêter la victoires.
"Je les ai bien niké encore"
"J'aime bien ses shoes"
Pep Guardiola aura donc réussi son pari en plaçant Messi dans l'axe dans un 4-2-3-1 inhabituel pour les catalans. Le choix de placer Alves en milieu droit et Puyol latéral n'aura perturbé en rien la mécanique catalane. On a beau changer les joueurs de place, le jeu reste le même pour cette équipe dont même le gardien paraît être aussi bon techniquement qu'un joueur moyen de Ligue 1. En face, Pellegrini n'aura pas su bouleverser ses plans pour percer la défense barcelonaise. Il aura pris aussi des mauvais choix comme sortir Van der Vaart pour Raul alors que le batave apportait une certaine vivacité à l'équipe. Sortir Gago aka «casper» aurait été plus judicieux pour revenir au score. Ronaldo a eu les occasions pour réveiller le Real mais la réussite n'était pas au rendez-vous pour le portugais qui a paru esseulé en attaque tant Higuain n'a rien apporté à son équipe. L'argentin paraît plus fort pour planter contre Santander ou Malaga que pour être décisif lors des grands rendez-vous. Benzema quant à lui a peu joué, peu touché de ballons mais s'est crée une belle occasion en reprenant de la tête un centre de Ramos, action qui aurait fait un bien fou au moral du français après avoir vu un but du Real refusé pour avoir fait une main dans la surface. Rien ne marche pour la Benz' qui est devenu en 10 minutes de jeu la cible des quolibets des supporters madrilenes comme blaugranas dans le bar. Le pauvre.
Même au plus fort de la domination du Real, les barcelonais ont résisté pour tuer dans l'oeuf les espérances du club de la capitale.
Une nouvelle fois, le Barça a paru inaccessible, une nouvelle fois il a paru un ton au dessus aux niveaux technique et tactique. Une nouvelle fois, l'esprit de jeu catalan l'a emporté sur la politique de nouveau riche des Galacticos.
La meilleur équipe du monde possède les mêmes caractéristiques de l'an passé, pour le même résultat ?
"Sérieux, tu vas venir aussi avec moi à Manchester ?"
Un site de copains étudiants gag