La Pro A aux Français !
Affligeant, il n'y a pas d'autre mot. Non je ne parle pas de la nullité du dernier American Pie (quoique cet adjectif lui correspond parfaitement). Je ne parle pas non plus des défaites à répétition du PSG, ni de l'incapacité des différents media à rendre le sport intéressant.
Je parle bien évidemment du niveau de notre chère première division de basket professionnel : la Pro A. Cette année encore, 2 clubs français, l'ASVEL et Orléans, ont reçu l'insigne honneur de se prendre des roustes toutes les semaines en Euroligue. Cette année encore, le Top 16 se jouera sans eux. Le bilan de cette année? 20 matchs au total (cumulé des 2 équipes) et 5 malheureuses victoires.... Orléans a d'ailleurs commencé par un magnifique 0-6 digne de ces chers Nets. À part un potentiel fait d'arme contre l'Olympiacos à domicile (mais ils ont encore craqué dans les dernières minutes, la faute à l'intenable Kleiza qui a pris feu dans le dernier quart), les Loiretains n'ont pas vraiment fait illusion. Le coach de l'Efes Pilsen Istanbul, dernier adversaire des Orléanais, a d'ailleurs parfaitement résumé la situation: "Orléans est l'équipe la moins dangereuse d'Euroligue" (aoutch!). Ils ont attendu d'être mathématiquement éliminés pour se mettre à gagner (une superbe victoire à Malaga au passage). Si ça ce n'est pas se foutre de la gueule du monde... L'ASVEL quant à elle y a cru jusqu'à la dernière journée, alors que son début de campagne européenne laissait autant rêveur que celui des Orléanais, mais a bien sûr craqué sous la pression et pris l'eau à Zagreb (2 petits point qui annihilent les espoirs des Villeurbanais).
La Final Four se jouera bien à Bercy, en mai, mais les supporters français ne feront que de la figuration, présents uniquement pour faire un peu de bruit et faire des grands "OOHH" sur des alley-oops ou des drives de mecs dont ils ne connaissaient même pas l'existence avant le début du match. Affligeant et surtout triste.
La raison de ce massacre? Facile à déterminer. Commençons par appuyer là où ça fait mal: la formation. Comment est-il possible de rendre un championnat intéressant si, dès les plus jeunes catégories, les joueurs savent très bien qu'ils ne pourront pas jouer à un haut niveau. C'est foutrement dommage. La formation, ça passe par quoi? Des pôles espoirs, on les a. Des joueurs motivés, talentueux et dynamiques, on les a. Des entraîneurs de qualité, on les a. Du temps de jeu dans une ligue de développement. Ah bah merde, ça on l'a pas. Il suffit de regarder le niveau de la N1, ça fait peur à voir. La Pro B, bien utilisée, pourrait très vite devenir le terrain d'expression des jeunes talents français. Mais non, on retrouve qui en Pro B? Des vieux briscards qui n'ont plus rien à prouver et qui veulent juste tater la balle, et surtout une chiée de ricains qui trustent le temps de jeu et se croient tous les samedis sur des terrains de street. Mettez 2 ricains dans une équipe de Pro B, déçus d'avoir été recalés à la draft après une université moyenne, et vous plomberez les espoirs des jeunes Français qui ne cherchent qu'à prouver que, eux aussi, ils savent jouer et créer du spectacle. Donc, pour la formation, on l'a où je pense.
Après, pour les meilleurs français qui arrivent à faire leur trou au milieu de ces ricains, ils ont le plaisir de goûter à la Pro A et de regarder, encore une fois, ces chers showmen venus d'outre-Atlantique, se foutre des dunks sur la gueule. Et attention, on ne parle de grands joueurs américains, ça serait trop beau. On parle ici, encore une fois, de recalés de la draft un tout petit peu meilleurs que ceux de Pro B. D'une part ils dénaturent le jeu à l'européenne, ce jeu posé que les puristes ont pu admirer au CSP ou à Pau à la fin des années 90, ce jeu léché, axé sur la défense et précis en attaque. Et maintenant? Du run and gun à tout va, des catch and shoot, une défense qui se touche la nouille... Pas étonnant qu'on se fasse étaler toutes les semaines en Euroligue contre les Grecs, les Espagnols, les Italiens... (tout le monde en fait) qui eux savent défendre et contrer le run and gun, et surtout qui arrivent à déplacer les défenses ultra statiques des clubs français. Ca fait mal au coeur de voir un Lolo Sciarra ne prendre jamais de shoot parce que les croqueurs ne lui laissent que l'occasion de faire des passes. Quelle solution face à cette invasion from the USA? Revenir à des quotas d'étranger dans les équipes. D'une ça ré-équilibrerait les forces entre les équipes qui ont des thunes et les autres. Et de deux ça permettrait de faire jouer les Français, confirmés ou espoirs.
Rien que le logo suggère des taffeurs/dunkers de 3ème zone et en rien du basket....
L'autre problème récurrent depuis quelques années en Pro A c'est que dès qu'un mec sort du lot, il est tout de suite encouragé à aller se casser les dents à la draft NBA. "Ouais trop bien je vais jouer contre Kobe! Youpi je vais pouvoir progresser! Et merde je joue pas.....".Ou comment tuer des talents et ralentir leur progression... Ceux qui sont draftés cirent le banc à la manière d'un Diawara, d'un Petro ou d'un Beaubois, ou vont se faire chier en D-league à l'instar de Ian Mahinmi sur les 2 dernières saisons (à sa décharge une grosse blessure l'a écarté des terrains 14 mois). On en arrive même à se demander s'ils sont ou non en NBA. Quel gâchis!! A part quelques exceptions, les Français aux States sont à la peine. C'est à la fois mauvais pour eux, car ils ne jouent pas et perdent leur basket, et pour la Pro A car ses meilleurs éléments français vont trouer leurs shorts en bout de banc. Normal que l'EdF en chie un peu avec une telle politique. Un exemple récent d'un cuisant échec en NBA est celui de Gelabale: drafté, annoncé comme un grand espoir, quelques fois titulaires, blessure, banc, matches devant la télé, retour en France... Dans le même temps, certains Français comme Morandais ou De Colo vont faire un bien fou en Espagne et en Italie.
Il faudrait réussir à les retenir un peu en France histoire de construire des groupes solides autour d'eux qui pourront survivre à leur départ. Pour ça il faut rendre la Pro A sexy, la diffuser un peu plus à la télé (le rôle des media est bien entendu primordial), offrir de plus grosses opportunités, arrêter à tout prix de vouloir copier la formule NBA (à quand les 4*12 minutes, la raquette rectangulaire, le cercle sous l'arceau....?). Le basket européen est unique et fait chier les Ricains aux JO et aux championnats du monde, préservons-le!
Puisque c'est comme ça, je vais en Pro A !
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