Le rêve d'un roi
Dans le lointain royaume de la NBA, David Stern règne sans partage et sans aucune pitié sur ses loyaux sujets depuis de nombreuses années, trop nombreuses selon certains. Pourtant, il a un rêve, un rêve de grandeur, le rêve de toute une vie… Le désir secret de ce cher roi David est passé dans l’inconscient général : une finale NBA opposant les Lakers aux Cavaliers, Kobe à Lebron, Nike à ….. ah bah à Nike. Que demande le peuple ? Il en rêve tellement que tout est fait pour le mettre en oeuvre: modification des règles du marcher, du porter de balle, etc., tout ça au profit de nos deux preux chevaliers.
Le duel de titans annoncé depuis tellement longtemps en fait saliver plus d’un. On se croirait revenu aux oppositions mythiques des temps anciens que les enfants entendent dans des histoires avant de s’endormir. Faisons abstraction quelques minutes de la mauvaise passe des Lakers, de la blessure au doigt de la star des Lakers, de la possible baisse de régime des Cavs, des prétendants sérieux au trône et surprenons nous à rêver avec lui quelques instants.

L'histoire est déjà écrite...
Kobe vs Lebron. Kobe vs Shaq. Deux oppositions mythiques: le maître contre l'élève et désormais rival, et le coéquipier qui se sent bien mieux sans son gros meilleur ennemi. Vendre du combat, telle est la recette. La confrontation pourrait être magnifique, légendaire ! Passage en revue des forces en présence.
Sur le plan statistique, avantage Cavaliers sur cette année qui ont sweepé les Lakers. 2-0 sur la saison régulière. Pas de quoi affoler les fans des Lakers mais un avantage psychologique certain. Côté statistiques individuelles, le « King » et « Black Mamba » sont au coude à coude aux points (respectivement 29.9 et 28.3), aux rebonds (7.2 et 5.4) et aux assists (7.8 et 4.6). Léger avantage pour James tout de même mais cela s'explique en partie par sa relative solitude au sein de son fief. Franchise players : léger avantage Lebron.
Si ces deux monstres du basket mondial, les deux meilleurs joueurs que l’on ait vus depuis un certain MJ, semblent être en mesure de se rendre coup pour coup en attaque et de se neutraliser en défense, leurs coéquipiers semblent moins à même de se livrer une lutte équilibrée, surtout ceux des Cavs.
Les intérieurs des résidents de la contrée d’Ohio ne semblent en effet pas vraiment en mesure d’arrêter l’Hispanique et le jeune Bynum. Un Shaq vieillissant dont l’état en fin de saison est incertain, un Varejao bien présent en défense mais limité techniquement en attaque, et le Big Z, n’en parlons pas. Face aux bulldozers Gasol, Bynum et même Odom qui peut assurer l’intérim en poste 4, ils ne pèsent pas lourd. Intérieurs : point Lakers donc.
A l'extérieur, pour épauler les deux super stars, les expérimentés Derek Fisher, Ron Artest et le jeune Shannon Brown peuvent donner du fil à retordre à Mo Williams, Daniel Gibson et Delonte West, et surtout les contenir, Ron-Ron le chien de garde pouvant mordre à tout moment. Même si les rosters semblent assez équilibrés, léger avantage Lakers dont la squad semble plus compacte et plus à même de gérer une série de play-offs.

On se retrouvera !
Il serait donc plus prudent pour les parieurs de mettre quelques billets sur un back-to-back sauce Lakers. En parlant de billets, les retombées économiques d'une telle finale seraient phénoménales. Nike irait de sa campagne de pub planétaire, ESPN et ABC1 se disputeraient âprement les droits télévisés, les spots publicitaires des ô combien nombreux temps-morts rapporteraient un joli pactole, tout ça sans parler des maillots vendus, des produits dérivés, etc.
Niveau crédibilité, le roi David pourrait dormir sur ses deux oreilles et penser à une retraite paisible. Que rêver de mieux pour laver son image, pour faire oublier ses réglements absurdes des dernières années, les amendes démesurées infligées aux joueurs, les erreurs de sanction (cf les 10 petits matches de suspension pour Rashard Lewis suspecté de dopage durant les derniers play-offs), etc. ?
Cavs/Lakers en finale, ou comment redorer le blason de cette contrée lointaine et de son tout-puissant roi. Peut-être a-t-il trouvé sa potion de longévité: offrir aux gueux et aux nobles du sport-business un spectacle ahurissant, époustoufflant, quitte à délaisser les fondamentaux du basket, et créer une opposition digne des Lakers-Celtics des années 1980...
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